Au Mali, un convoi militaire est en route pour Kidal mardi 6 octobre. L’armée avait renforcé ses positions à Anéfis et Aguelhoc pendant le week-end, laissant penser à une offensive pour reconquérir la ville de Kidal, dont les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, lié à al-Qaïda), s’étaient emparés en avril dernier. Si l’armée n’a toujours pas dévoilé ses intentions, un important convoi militaire s’est mis en route ce matin.
Environ 120 véhicules sont sortis d’Anéfis, au Mali, en milieu de matinée. À leur bord, des soldats maliens, des militaires russes de l’Africa Corps, et des combattants du MSA et du Gatia, des groupes politico-militaires touaregs intégrés à l’armée malienne (Fama).
Dans un communiqué diffusé à la mi-journée ce mardi, l’état-major revendique pour la première fois « avoir engagé des opérations aéroterrestres d’envergure dans la région de Kidal », avec ses « partenaires russes », afin de « neutraliser les groupes armés terroristes », « détruire leurs sanctuaires » et « restaurer durablement la sécurité des populations » et leur « libre-circulation».
Aucune précision en revanche dans ce communiqué sur le convoi qui a quitté Anéfis ce matin.
Mais selon des cadres du FLA, qui scrutent tous ces mouvements, les véhicules ont bien pris la direction de Kidal. La ville n’étant qu’à une centaine de kilomètres d’Anéfis, le convoi pourrait y parvenir avant la fin de la journée, s’il ne change pas de direction et s’il ne rencontre pas d’opposition sur sa route.
« Retrait stratégique »
Or, plusieurs dirigeants politiques du mouvement indépendantiste laissent entendre que le FLA pourrait ne pas tenter d’empêcher l’armée d’atteindre Kidal. « Pour le moment on regarde où ils vont et ce qu’ils font, commente laconiquement un chef militaire indépendantiste, nous avons une stratégie. » Une reprise de la ville serait un symbole fort au crédit des autorités de transition, qui avaient été humiliées par la défaite d’avril dernier.
Dans un communiqué diffusé mercredi après-midi, le FLA confirme avoir procédé à « un repli stratégique » de Kidal afin de « préserver des vies humaines » « face au risque croissant pesant sur les rares populations encore présentes dans la ville », et assure qu’il s’agit d’« une mesure opérationnelle temporaire, destinée également à préserver intacte ses capacités humaines et logistiques ». Les forces maliennes et leurs partenaires russes ont donc le champ libre pour reconquérir Kidal sans combattre.
Ville vide
Kidal est aujourd’hui pratiquement vide. En 2023, ses habitants avaient majoritairement fui l’arrivée de l’armée malienne et du groupe Wagner. Chassés en avril dernier, les Fama et leurs partenaires russes sont repartis avec ceux qui leur étaient loyaux.
Depuis qu’elle est passée aux mains des indépendantistes du FLA et de leurs alliés jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, la ville est régulièrement ciblée par des frappes aériennes de l’armée, qui ont détruit de nombreux bâtiments. Depuis dimanche 4 octobre, ces frappes se sont intensifiées. Des bombes ont été larguées sur et près de la ville de Kidal. Des frappes de drones ont également été opérées à Tinzaouatène, près de la frontière algérienne.
L’armée, dans un communiqué diffusé lundi soir, revendique des « frappes de précision » et « de nombreux terroristes neutralisés ». Le FLA dénonce, de son côté, des « frappes aveugles » contre des cibles civiles : boutiques, maisons, gare routière remplie de migrants et orpailleurs. Aucun bilan n’a pu être vérifié de source indépendante.


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