Les États-Unis ont diffusé, ce jeudi 22 octobre 2026, un projet de résolution au Conseil de sécurité sur le Sahara au sud du Maroc. Le texte propose de mettre fin au mandat militaire de la MINURSO à compter du 30 avril 2027, puis de transformer la mission onusienne en mission politique spéciale dès le 1er mai, tout en faisant de l’autonomie sous souveraineté marocaine l’unique base de négociation.
Daté du 20 octobre, le document comporte quatorze dispositions opérationnelles. Il prévoit aussi une réduction rapide de la composante militaire, avec une baisse d’au moins 50% des effectifs autorisés d’ici au 31 janvier 2027, la fermeture de certains sites de terrain et le regroupement d’autres positions, dans l’attente d’une version finale encore soumise aux consultations entre membres du Conseil.
Ce que changerait ce projet sur le Sahara
Le projet américain prévoit d’abord une modification du nom de la mission des Nations unies. La référence au référendum serait retirée de son appellation officielle, marquant un changement politique dans l’approche défendue au sein du Conseil de sécurité. Le mandat de maintien de la paix prendrait fin le 30 avril 2027, avant une poursuite limitée sous un format strictement politique jusqu’au 31 octobre 2027.
Le secrétaire général de l’ONU serait chargé de remettre, avant le 15 décembre prochain, des propositions détaillées sur l’organisation de cette nouvelle mission. Ces recommandations devraient préciser ses compétences, son architecture administrative, ses moyens humains et financiers, ainsi que ses tâches en matière d’appui au processus politique, de déminage et de reporting. Le texte insiste aussi sur la nécessité de préserver la continuité du commandement et l’expertise accumulée pendant la phase de transition.
Sur le fond, la proposition américaine affirme que l’autonomie réelle sous souveraineté marocaine constitue la seule solution jugée applicable au différend. Elle appelle les parties à reprendre des négociations fondées exclusivement sur une initiative marocaine élargie et actualisée, avec l’objectif d’aboutir à un règlement accepté. Le document évoque également la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, ce qui montre que le futur dispositif onusien ne se limiterait pas au seul volet diplomatique. Si elle était retenue, cette orientation confirmerait un glissement du dossier du Sahara marocain vers une logique politique recentrée sur l’autonomie, au détriment du cadre initial qui avait présidé à la création de la mission en 1991.


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