Mondial 2026 : aucune surprise, le football africain encore à la traîne

Ils étaient dix au départ. Mais, au fil de ce mondial 2026 entamé le 11 juin dernier, aucune des nations africaines n’a créer l’exploit d’écrire une nouvelle page de l’histoire.

Contrairement à l’édition 2022 au Qatar, ou le Maroc est tombé en ½ finale face aux bleus, le dernier espoir africain au mondial 2026 s’est fait éliminer en 1/4 dernier final face aux même bleus ce jeudi 9 juillet.

Au final, ce que les observateurs annonçaient avant le coup d’envoi de cette Coupe du monde s’est bien produit : « l’Afrique a vraiment étonné le monde ». Oui, elle l’a étonné, mais davantage par ses occasions manquées que par ses exploits accomplis.

L’Afrique impuissante dans les dernières minutes de jeu

Sur les dix représentants africains, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Sénégal, l’Égypte, la Tunisie, la République démocratique du Congo, l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Cap-Vert, neuf ont atteint la phase à élimination directe.

Seule la Tunisie s’est arrêtée dès les phases de groupes. Un chiffre qui pourrait paraître encourageant.

Mais arrivé en seizième de finale, deux d’entre elles dont le Maroc et l’Egypt ont réussi à les huitièmes.

Ensuite le Maroc a réussi à progresser en 1/4 de finale après l’élimination des pharaons en 1/8e par l’Argentine de Lionel Messi.

Plus frustrant encore et comme s’ils s’étaient passés le mot, plusieurs sélections africaines ont vu leur rêve s’effondrer dans les dernières minutes.

À la 86e minute ou au-delà, les scénarios se sont répétés avec une cruauté presque identique.

Le Sénégal, pourtant solide pendant une grande partie de son match, a fini par céder face à la Belgique de Kevin De Bruyne.

L’Égypte, elle, pensait tenir l’un des plus grands exploits de son histoire lorsqu’elle menait 2-0 contre l’Argentine de Lionel Messi. Mais les Pharaons ont vu l’Albiceleste revenir, égaliser puis arracher la victoire, laissant derrière eux un immense sentiment de gâchis.

La Côte d’Ivoire, le Ghana, la République démocratique du Congo, l’Algérie, l’Afrique du Sud ou encore le Cap-Vert ont, eux aussi, connu des fins de rencontres cruelles. Des buts encaissés à quelques minutes du terme, parfois dans le temps additionnel, sont venus briser des parcours qui semblaient pourtant prometteurs.

Le résumé des rencontres des équipes africaines a ce mondial se ressasse de la même manière: résister, faire espérer, puis craquer et se faire éliminer.

Peut-on parler de malchance ? Que non! Mais plutôt le manque de réalisme et de mental fort peuvent être quelques éléments de réponse.

Quelques héros sortent du lot

Au fond, cette coupe du monde laisse un goût amer pour les africains. Les occasions étaient bien réelles. Mais nos pachydermes n’ont pas réalisé l’exploit, celle de porter le coup fatal aux grandes nations de foot.

Le talent était palpable, mais la maîtrise des grands rendez-vous encore médiocre.

Tout n’est cependant pas à jeter. Quelques individualités ont véritablement marqué les esprits. Le gardien cap-verdien Vozinha a multiplié les exploits, repoussant l’échéance à plusieurs reprises. Le Marocain Yassine Bounou a confirmé qu’il faisait partie des meilleurs avec un penalty de Mbappé arrêté en 1/4 de finale.

Le portier ghanéen a lui aussi longtemps écœuré les attaquants adverses avant de céder. Quant au gardien ivoirien, il a maintenu les Éléphants en vie grâce à plusieurs interventions décisives, notamment lors du match contre l’Allemagne que les Éléphants ont quand perdu. Sur le plan offensif, Amad Diallo et Nicolas Pépé ont également apporté une note d’espoir. Malgré un temps de jeu limité, les deux internationaux ivoiriens ont inscrit deux buts chacun, prouvant que le talent africain n’a rien à envier aux meilleures nations lorsque les conditions lui permettent de s’exprimer.

Le vrai chantier commence maintenant

Mais ces éclairs individuels ne peuvent masquer la réalité collective. Un grand gardien ne gagne pas une Coupe du monde à lui seul.

Deux attaquants inspirés ne compensent pas les erreurs défensives, les baisses de concentration ou le manque de maîtrise tactique dans les moments décisifs.

Le problème est donc plus profond. Si aucune des dix sélections africaines n’a réussi à atteindre le carré d’as malgré un format plus favorable cette année, on peut en déduire que le football africain doit avoir le courage de se remettre en question.

Il ne suffit plus de célébrer les qualifications ou de parler de participation historique. Il faut désormais apprendre à gagner les grands matchs.

Pour certaines nations, atteindre les phases à élimination directe constitue déjà un immense progrès. C’est le cas de celles qui disputaient leur première Coupe du monde ou qui retrouvaient la compétition après de longues années d’absence. Cette expérience leur sera sans doute précieuse. Mais pour les grandes puissances du continent, le temps des promesses doit laisser place aux résultats.

L’heure de la remise en question

Pendant que les nations européennes et sud-américaines poursuivent leur quête du titre mondial avec une exigence de chaque instant, l’Afrique semble encore se satisfaire de performances honorables.

À ce niveau, cela ne suffit plus. Le très haut niveau ne pardonne ni les approximations, ni les relâchements, ni les occasions gâchées.

L’Afrique possède des joueurs de classe mondiale, des gardiens héroïques, des attaquants talentueux et une passion incomparable.

Ce qu’il lui manque encore, c’est cette culture de la victoire qui permet de transformer les exploits individuels en succès collectifs. Tant que cette étape ne sera pas franchie, les mêmes scénarios risquent de se répéter : de grands espoirs, de belles histoires… puis des regrets.

Mais l’Afrique mérite mieux. Il faut tout mettre en oeuvre pour changer la donne.


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