Au Mali, on est passé très près du drame ce 1er juillet 2026 à Tombouctou. Alors que la ville subit une grave pénurie de carburant, du fait de l’embargo décrété par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, une distribution au marché noir a dégénéré lorsqu’un militaire a utilisé son arme pour disperser la foule. Heureusement, aucun mort n’est à déplorer, seulement quelques blessés légers. Mais l’incident a suscité une grande frayeur et en dit long sur le climat social.
Les stations-services de la ville ne sont plus approvisionnées depuis plus d’un mois. Au marché noir, l’essence atteint des sommets – 2 500 à 3 000 francs CFA, soit 3,81 à 4,57 euros le litre – , quatre fois plus que le tarif officiel. Mais la foule était pourtant nombreuse mercredi matin au marché de Yobou Tawo, où une distribution informelle était en cours.
Le militaire malien a-t-il voulu se servir sans faire la queue ? A-t-il voulu réfréner un mouvement d’agitation ? Les versions divergent, mais le soldat fait usage de son arme et tire, apparemment en l’air.
Manques et tensions
Contrairement aux rumeurs qui se sont rapidement propagées, dans la ville et sur les réseaux sociaux, aucun mort n’est à déplorer. Le gouvernorat indique dans un communiqué que cinq blessés légers ont pu rentrer chez eux après avoir été soignés à l’hôpital de Tombouctou, ce que confirment plusieurs sources au sein de la délégation spéciale – qui fait office d’équipe municipale en l’absence d’élections – et de la société civile locale.
La tragédie a donc été évitée, de peu, mais l’épisode en dit long sur les manques dont souffrent les habitants et sur l’état de tension qui règne dans la ville. La semaine précédente, en plus de la pénurie de carburant, la distribution d’électricité et d’eau a été totalement interrompue à Tombouctou pendant plusieurs jours. Désormais, l’électricité est revenue mais quelques heures seulement, pendant la nuit et en début de matinée. Quant à l’eau, « elle vient par à-coups », témoigne un habitant.


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