Sahara: le Maroc respectera le cessez-le-feu après la fin de la mission de l’ONU affirme le cabinet du roi

Le Maroc respectera le cessez-le-feu dans le Sahara, après la fin du mandat de la Mission référendaire des Nations unies (Minurso), a expliqué le Cabinet royal, dans un communiqué diffusé mercredi 4 novembre.

Le Maroc a indiqué, dans un communiqué transmis par le Cabinet royal, l’ »engagement total du Royaume en faveur du cessez-le-feu, un engagement volontaire qui ne saurait être remis en cause par la fin du mandat de la mission des Nations unies ». Une déclaration qui intervient quelques jours après la fin de la Minurso, la mission de maintien de la paix de l’ONU au Sahara.

Après 35 ans, le mandat de la Minurso n’a pas été renouvelé, mettant ainsi fin à la présence internationale qui surveillait le cessez-le-feu dans ce conflit vieux de plusieurs décennies.

« Incapable de surveiller le respect du cessez-le-feu »

Pour Rabat, « à maintes reprises, (la mission) s’est révélée incapable de surveiller le respect du cessez-le-feu ou de tirer les conséquences nécessaires de ses violations », peut-on lire dans le communiqué publié à l’issue d’une réunion présidée par le roi Mohammed VI, mercredi 4 novembre. Le Premier ministre, le conseiller royal et le chef d’état-major des armées étaient présents. « Les circonstances ayant présidé à la création de cette mission, ainsi que les fonctions initiales qui lui avaient été assignées, sont désormais dépassées », ont-ils ajouté.

Le conflit du Sahara oppose le Maroc, qui considère ce territoire comme le sien, au Front Polisario, une organisation politique et militaire soutenue par l’Algérie et qui milite pour un État séparé depuis le départ de l’Espagne, ancienne puissance coloniale, en 1976. Le Maroc s’est félicité du non-renouvellement de la mission, le Front Polisario s’est dit « préoccupé » et l’Algérie a exprimé ses « profonds regrets ».

Rabat contrôle tous les centres urbains du Sahara ainsi que son littoral. Dans les années 1980, il a construit un mur de sécurité de 2700 kilomètres, ce qui a placé la majeure partie du territoire sous son contrôle. De son côté, le Front Polisario opère à l’est du mur avec des bases arrières dans la région de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, où il administre des camps de réfugiés.

Un cessez-le-feu conclu en 1991

Après 16 ans de combats, le Maroc et le Front Polisario ont convenu d’un cessez-le-feu négocié par l’ONU en 1991. L’ONU a créé la Minurso pour surveiller le cessez-le-feu et organiser un référendum sur l’avenir du territoire. Les Sahraouis devaient choisir entre l’indépendance et l’intégration au Maroc.

Un vote prévu en 1992 mais qui n’a jamais eu lieu car les deux parties n’ont pas réussi à s’entendre sur les critères d’éligibilité, les désaccords concernant l’identification des électeurs constituant un obstacle majeur.

En 2020, le cessez-le-feu a volé en éclat lorsque le Front Polisario a déclaré avoir repris sa « lutte armée » après que le Maroc a pris le contrôle d’un point de passage frontalier avec la Mauritanie. L’ONU qualifie ce conflit de « faible intensité ».

Pour le Maroc, la fin de la mission des Nations unies signifie le retrait de la question du Sahara du Conseil de sécurité. Dans une interview accordée samedi aux médias d’État, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a déclaré que la prochaine étape pour Rabat serait de retirer le Sahara du comité onusien de décolonisation, affirmant que Rabat bénéficiait du soutien des deux tiers des États membres de l’ONU.


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